En français, ça s'appelle Le club des policiers yiddish.
C'est un bouquin dont tout le monde a beaucoup parlé ; il a notamment eu le Hugo de l'année dernière. Donc, sans trop savoir de quoi il s'agissait, hop, je l'ai acheté.
Bon.
Ben, c'est un polar. Avec un flic dysfonctionnel accroc au tabac et à l'alcool, divorcé, obsédé par son travail, autrefois très doué mais aujourd'hui tellement engagé sur la mauvaise pente qu'il ne se souvient plus du plateau. Le tout se déroule essentiellement de nuit, il fait froid, et tout le monde est pourri.
Ben, comment dire, ce genre de bouquin, c'est pas mon truc. Ça m'ennuie plus qu'autre chose, et oui, je suis conscient que c'est faire preuve de manque d'ouverture d'esprit, tout ça tout ça.
Sinon, le concept est sympa : ça se passe dans un univers uchronique où l'établissement de l'état d'Israël n'a pas pris. Du coup, les Juifs qui quittaient massivement l'Europe (et l'Afrique du Nord, etc.) se sont retrouvés le bec dans l'eau jusqu'à ce que le gouvernement américain leur « prête » un bout de territoire en Alaska, autour du village de Sitka. En attendant mieux, et avec une date limite. Cette date approche, justement, tout le monde à Sitka (devenue une grande métropole) se préoccupe d'émigrer ou d'obtenir un permis de séjour en Alaska, les bureaucrates se soucient du transfert des affaires en cours... Et un jeune héroïnomane se fait exécuter dans un hôtel miteux. Pour Meyer Landsman, détective, c'est l'affaire de trop, surtout que cet hôtel miteux est l'endroit où il habite depuis son divorce.
C'est bien écrit. Chabon a un style assez riche, et emprunte ici beaucoup de locutions yiddish. L'atmosphère de fin du monde, entre le froid de l'Alaska et l'imminence de la Réversion, est très bien rendue, tout comme les interactions entre les différentes factions juives (surtout les modernes et les intégristes).
Tout ça n'a pas suffi à m'intéresser à l'histoire, mais que cela ne vous détourne pas du roman ; pour peu que vous aimiez les histoires de policiers durs à cuire et pourtant fragiles, vous allez adorer.